Accueil Date de création : 27/08/07 Dernière mise à jour : 29/11/11 12:17 / 6 articles publiés

Une expérience vitale  posté le jeudi 12 mai 2011 23:25

Blog de xaviercruz :Le petit soleil, Une expérience vitale

A l'époque où nous travaillions à Buenos Aires avec le grand metteur en scène et professeur d'interprétation Carlos Gandolfo, je vivais une période très mouvementée. La passion d'apprendre, de progresser, de comprendre mieux notre métier, se heurtaient aux impératifs de la vie économique de la société de production que je gérais en même temps que je jouais. La passion l'emportait toujours. Nous voulions tout.

Carlos Gandolfo a laissé une caresse indélébile dans mon coeur. Il a changé ma vie. Nous répétions "Noeuds" un recueil de quatre pièces de Mario Fratti. Le travail avec Carlos a questionné absolument tout ce que j'étais ou je croyais être depuis ma naissance. Ce questionnement était le fruit d'un travail corporel de décontraction et sensoriel qui nous mettait en contact avec notre propre centre corporel, émotionnel, et psychologique. "Être avant de jouer". J'expérimentais que le corps est mémoire et source de créativité.

Carlos nous parlait de Krishnamurti, d'Ida Rolf, d'Alenxander Lowen, de Mathias Alexander, Feldenkrais, parmi beaucoup d'autres auteurs et d'Ouspensky. Par la suite j'ai pratiqué (et je continue) presque toutes ces techniques d'analyse corporel et du mouvement qui vont plus loin que la simple correction posturale. Rolfing, D.F.A., bioénergie, feldenkrais. Ces techniques surtout rolfing ont la capacité d'accroitre le champ de la conscience ordinaire.

Ouspensky. Je rêve d'adapter au théâtre sa nouvelle "Conversations avec un diable - l'inventeur". Il m'a ouvert la voie de l'observation. De moi-même et des autres. Qu'est ce qu'il faut observer et dans quel but. Dans quel esprit. Le travail des différents centres: le centre moteur, le centre intellectuel, le centre émotionnel  etc. , le comment ils se coordonnent ou se mettent en conflit. Cette manière nouvelle de m'observer que j'apprenais lors des exercices de décontraction active accompagné par la présence de Carlos et sa  bienveillance m'avait ouvert des portes neuves pour accéder à l'intérieur de moi-même. C'est assez éprouvant et il faut avoir une certaine dose de courage. C'est l'oiseau Phénix qui renaît de ses propres cendres. Je crois que Ouspensky est indispensable pour un comédien.  Essayez de pratiquer les exercices de son livre "Fragments d'un enseignement inconnu". Un travail sur la conscience.

Le déblocage de certaines tensions musculaires hyper-génantes qui s'étaient installées dans mon corps par ma manière de vivre et de par mes croyances fondamentalement, et qui nourrissaient la fausse idée que je me faisais de moi-même, m'apporta une autre manière de bouger, d'écouter et d'être en empathie avec l'autre, centré, réveillé. Je me sentais de plus en plus libre dans mes mouvements et je pouvais aborder les différents personnages à partir de moi-même, de mon propre état physique et émotionnel en étant conscient de tout, non sans difficulté au début. Je ne comprenais pas très bien par exemple quand Carlos nous disais que le corps est mémoire. Je comprenais d'une manière intellectuelle. Jusqu'au moment où ces tensions là disparurent laissant derrière elles quelques milliards de larmes libératrices.

Une des difficultés de notre travail créateur c'est la synthèse. Connaître les besoins (objectif) du personnage à chaque séquence n'est pas aussi difficile que de créer ces besoins. Connaître les circonstances du personnage (celles dans lesquelles se trouve le personnage) n'est pas aussi difficile que de les synthétiser par un geste, un mouvement, une suite de gestes (grands ou petits) ou mouvements (grands ou petits). De la même manière qu'un poète synthétise en une métaphore, une idée, une sensation, un sentiment, ou le musicien synthétise en une phrase musicale, une idée, un sentiment ou une sensation, l'acteur doit aussi synthétiser les circonstances du personnage.  Cette synthèse est une recherche corporelle. Je ne veux pas dire faire nécessairement des mouvements étranges ou exagérés ou faux. Je veux dire que les gestes et le mouvement de notre corps doivent être porteurs d'un signifiant. Doivent être une synthèse de la circonstance du personnage. Ces circonstances sont imaginaires mais le geste doit venir d'une vérité personnelle du comédien et exprimé spontanément. Le geste caractérise aussi un personnage. Dans la vie quotidienne dans notre univers gestuel nous pouvons observer des gestes qui sont très significatifs de notre monde intérieur. L'expression d'un visage, la manière de marcher, de se tenir, de respirer, le ton de la voix. Ou encore les contradictions entre le geste et la parole, les contradictions entre le corps et l'intention de ce que nous voulons faire.

L'énergie libérée par cette expérience me porte encore.

Javier Cruz

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Mémoire émotionnelle (m.é.) et action physique  posté le dimanche 02 octobre 2011 01:59

Blog de xaviercruz :Le petit soleil, Mémoire émotionnelle (m.é.) et action physique

(Woyzeck)

  

En général je n'utilise pas comme technique d'interprétation la recherche dans ma m.é. d'un moment de ma vie passé qui contienne l'émotion ou la sensation que je crois va convenir à un moment de la vie du personnage comme justification à une de ses actions. Quand je parle d'actions je le fais dans le sens de Stanislavsky et de Grotowski. C'est-à-dire ce que  fais un personnage de manière consciente et volontaire vers un but précis. Les actions constituent une partition pareille à celle d'un musicien. Nous pouvons définir une émotion comme une série de processus physiologiques (une vague d'énergie qui parcourt le corps) exprimés physiquement et qui nous transforment.

 

L'introspection qui demande le travail directe sur la m .e. pour aller chercher un état émotionnel me coupe de ce qui se passe réellement avec l'autre, de ce qu'il me provoque et qui génère chez moi je dirais une série de pulsions expressives plus spontanées et vivantes que celles que cette introspection peut m'apporter. L'introspection peut ralentir le tempo et briser le rythme d'une scène ou d'une séquence parce que l'appel du souvenir, choisi d'avance, qui déclenche un état émotionnel chez moi comme justification à l'action  du personnage dans le but d'être vivant et crédible sur scène ou devant la caméra, cet appel  je disait, devient le point de concentration principal dans la fragile interaction avec l'autre.

 

En fonction de quoi je vais décider à priori d'une émotion ou d'une autre ?

 

Dans ce cas là le comédien travaille du point de vu du passé du personnage parce qu'il cherche la motivation de son action dans une émotion (qu'il faut « imaginer ») antérieure, et non pas vers le futur : qu'est ce que je veux avec cette action concrète que je fais.

 

Ma m.é. elle se déclenche d'une manière spontanée. C'est le corps, bien entrainé et sensible, qui, dans le mouvement expressif d'une action physique (un geste, un regard, une caresse, un cri....)  va générer une émotion inattendue et à un moment inattendu et qui peut être raccroché à une expérience de ma propre vie (bien évidemment cela ne m'arrive pas toujours). L'image de ce moment personnel portée par la mémoire apparait dans ma tête. C'est-à-dire ma m.é. fonctionne dans le mouvement et c'est la conséquence de l'interaction avec l'autre ou avec l'environnement, c'est la conséquence de mes actions et non pas la cause. Il y a une confusion, à mon avis, dans l'art dramatique : considérer l'émotion comme la cause de nos actions et non pas comme la conséquence de nos actions. C'est comme ça pour moi. Le corps est générateur d'émotions, des sensations, d'actions, de réactions.

 

Je ne travaille pas pour me déclencher des émotions pour me sentir vivant et crédible. Bien sur que je veux me sentir vivant et crédible et toucher le cœur du public.

 

Je travaille du point de vu de l'action : qu'est ce que le personnage veut ? de quoi a-t-il besoin ? Qu'est qu'il fait pour l'obtenir ? Comment je peux m'impliquer personnellement ? Travailler du point de vu de l'action met en cause le « si magique » de la première époque de Stanislavsky (je crois). Stanislavsky pour exciter l'imagination des comédiens se demandait : si j'étais dans les circonstances du personnage, qu'est ce que je ferais ? Mais la réponse à cette question est très difficile et c'est un a priori du comportement du personnage. C'est très difficile parce que il nous est presque impossible de savoir comment nous allons agir dans des circonstances qui par exemple nous soient étrangères, qu'est que je ferais si je découvre que ma femme m'est infidèle ? En fonction de ma connaissance de moi je peux a priori décider que je ferais ceci ou cela. Mais c'est bien possible que je me trompe. Nous n'arrêtons pas de nous surprendre. Par contre le travail avec l'action c'est différent et la question que je me pose pour exciter mon imaginaire est : qu'est ce qu'il me faut pour agir comme le personnage ?  qu'est qui me fait agir comme le personnage ? Et là je peux savoir me connaissant un peu.

 

Prenons l'exemple de Woyzeck quand il arrive chez lui affolé parce qu'il a encore eu des hallucinations. Ma première préoccupation n'était pas de « découvrir » ses états émotionnels. En fonction de quoi j'aurais pu décider s'il est en colère ou triste ou craintif ou...  Certains auteurs indiquent cela dans les didascalies mais la plus part des fois je n'en tiens pas compte. Je voulais découvrir dans l'interaction avec ma partenaire ce que je voulais, ce dont j'avais besoin. (Je commence à travailler toujours avec le texte  appris par cœur comme un perroquet). Une fois établi le cadre de la scène ma partenaire et moi nous sommes lancés dans une improvisation. Au long des répétitions j'ai découvert que je voulais être protégé, entouré par les bras de Marie. Chaleur. C'était très concret. Je ne travaillais pas à partir de la peur ou l'affolement ou un autre état émotionnel présumé de Woyzeck. Je travaillais du point de vu de ce dont j'avais besoin à ce moment là dans le cadre imaginaire de la scène. Et de comme mon corps se comportait. C'est quelque chose qui me touchait personnellement. J'étais conscient des évolutions de mon corps que je laissais libre de répondre aux pulsions expressives que la situation dramatique me provoquait. Et ma tête était là pour valider ou pas. Ma tête faisait son travail de guide lointain. Marie me rejetait et cela créait chez moi un besoin intense de la toucher. Je pouvais analyser plus tard ces premières actions encore incertaines, et travailler ensuite sur elles (pour ce travail j'utilise souvent la technique de rêver) de manière à les rendre plus précises à sentir dans mon corps qu'elles étaient vraies parce qu'elles venaient de moi. Je travaillais dans le but de trouver, de créer une action, une suite d'actions précises qui pouvaient être la synthèse de tout ce qui était le monde de Woyzeck à chaque instant dans la scène et cela dans l'esthétique que proposait le m.s. comme un poète qui synthétise en une métaphore une pensée, une émotion, une sensation. Ces actions devaient porter en elles toute l'information de la vie interne de Woyzeck et devaient aussi constituer un signe compréhensible pour le public. Il s'agissait d'un travail subtil de recherche corporelle et vocale. Cette manière de travailler les actions est très laborieuse et demande beaucoup de temps. Pour faire un bon camembert il faut du temps.

Un jour je me suis laissé tomber à genoux et j'embrassais Marie par la taille mon oreille contre son ventre regardant mon enfant qui dormait. Cette action je l'ai trouvé belle et juste par rapport à mes besoins et elle se correspondait au désespoir de Woyzeck et cela me calmais. A ce moment là j'avais des souvenirs spontanés qui venaient dans ma tête. De souvenirs avec ma mère, très concrets aussi, d'un jour où je m'étais blessé la main avec un clou qui entrait dans mes chaires. J'avais 7 ans. Je me suis souvenu de comment je suis allé vers ma mère et comment je me suis mis à genoux pour qu'elle me vienne en aide. Ma mère est restée froide me reprochant du haut de son regard le fait d'avoir touché à des outils dangereux. Ce souvenir là je l'avais oublié et je l'ai trouvé juste pour cette scène. J'ai travaillé par la suite ces souvenirs pour les préciser. Je me sers pour cela de l'exercice de la chaise que j'ai appris de Carlos Gandolfo ( 1 ) je le décris plus bas. C'est un exercice que Lee Strasberg pratiquait beaucoup avec ses comédiens. Pour moi bien que je conteste quelques choses de Strasberg par rapport à la m.é. et comment elle marche ou du moins de comment je l'utilise, cet exercice est excellent. Disons qu'il s'approche des exercices d'Ouspensky  lire l'article « une expérience vitale ».

 

A la répétition suivante je n'allais pas chercher ces souvenirs provoqués la veille pour faire la scène, je les laissais venir. S'ils venaient cela voulait dire que je les avais déjà incorporés. Si non je continuais à préciser mes actions. Mon point de concentration était Marie et mes actions.

 

Il faut dire que le processus créatif est toujours négatif. Il y a beaucoup de « non » avant de se dire « oui,  ça c'est cohérent, c'est ça le personnage! », « ça marche ! », le sens de la vérité me le dit. Alors il ne faudrait pas désespérer. Mais parfois c'est inévitable.

 

Mon sens de la vérité se nourrit soi-même quand je sens que je me laisse atteindre par l'autre et mes actions sont cohérentes avec les besoins ou objectifs du personnage, aussi folles qu'elles puissent l'être. Elles génèrent alors des nouvelles idées, de l'enthousiasme, du plaisir, une compréhension plus approfondie de la relation avec l'autre. Le sens de la vérité est une, je dirais sensation physique c'est dans le corps et la voix. C'est « quelque chose » de petit et fragile. Je dédie beaucoup d'énergie à cultiver le sens de la vérité dans mes élèves. Le sens de la vérité n'a pas un rapport direct avec les émotions mais avec la cohérence de nos actions, avec la logique de l'action.

 

C'est comme ça que j'avance dans mon processus. Si mes choix ne donnent rien ou c'est incohérent j'abandonne. Le metteur en scène est là aussi pour m'aider.

 

Ma dificulté avec la m.é. c'est que le souvenir générateur de l'émotion s'épuise et il faut chercher un autre. Non dans le cas du cinéma où les périodes de jeu sont plus courts. Au cinéma le processus de préparation d'un personnage est aussi laborieux qu'au théâtre mais le processus de tournage est très rapide. Une autre difficulté c'est qu'elle ne marche pas pour moi dans toutes les situations du personnage. Elle marche quand le personnage se trouve dans une situation intime, seul ou en présence des autres.

 

Dans l'ensemble de l'expérience évoqué par la m.é., couleurs, voix, bruits, odeurs, lumière, etc ... le détail concret qui déclenche l'émotion est imprévisible alors il nous surprend. C'est pour ça qu'il faut être très minutieux. Cela peut être le bruit d'une guêpe dans un ensoleillé après-midi d'été qui vient vous embêter après avoir fait l'amour et qui vous agace ou le petit rayon de soleil qui vous tape directement dans l'œil. C'est pour ça qu'il faut être très pointilleux dans l'évocation. Ne pas épargner aucun détail.

 

J'utilise cet exercice pour comprendre le monde émotionnel d'un personnage en remémorant un épisode de ma vie analogue à celui du personnage.

 

1. Cet un exercice de prise de conscience de mon état personnel. Se fait sur une chaise pas trop confortable mais sans exagérer. D'abord je fais un repérage de mes tensions physiques et/ou psychologiques très minutieux (certaines tensions physiques je les connais bien mais je suis toujours bienveillant sur elles. D'autres d'ordre psychologique aussi, par exemple ressasser, tourner en rond dans ma tête et me couper du monde, me donner des ordres, me critiquer. Cela rentre dans le chapitre de mes habitudes).

J'explore chaque partie de mon corps avec le sens de la perception de moi même. Ma respiration. Mes tensions, grandes ou petites. Je pense que les muscles tendus et ma tête se remplissent d'oxygène et je décontracte la tension. Il est indispensable de ne pas lutter contre la tension mais l'observer, sa taille, son intensité, quel état émotionnel elle me provoque, comment elle influence ma respiration, ma mémoire. J'essaie de trouver une relation entre les différentes parties de mon corps et ma mémoire. Le processus engagé dans cette mise en relation commence par le corps. Le corps est mémoire. Je suis attentif aussi à ce qui passe par ma tête. Le flux continuel de souvenirs, images, projections, pensés automatiques.... Notre tête le plus souvent est en conflit entre le passé et le futur. Entre ce que je viens de faire et ce que j'ai à faire. Alors il faut l'entrainer pour qu'elle vive dans le présent.

En faisant cet exercice je m'affine comme un instrument de musique. A la fin je suis très sensible. Je me rends compte que tout ce qui m'entoure et comment je suis influencé par l'extérieur.  Par fois pratiquant l'exercice je peux ressentir une tristesse énorme qui vient du fin fond de mon existence dans cette planète. Par fois elle vienne de plus loin peut être de la préhistoire et des larmes coulent, ou ressentir de la colère et des larmes coulent, ou bien de la joie et des larmes coulent aussi. Je me dis alors que les larmes sont très versatiles. Je me rends compte de comment peu à peu je me transforme. Il ne faut pas sacraliser ces exercices mais non plus les banaliser.

 

Ensuite je fais un travail sensoriel. Je commence à toucher ce qui se trouve à la portée de ma main, j'explore ensuite  j'écoute tous les bruits de mon environnement et ainsi de suite avec les autres sens. Il est important de savoir quelle qualité doit posséder ce travail : je mets ma mémoire de côté et j'exerce mes sens, comme si c'était pour la première fois, toucher, sentir, écouter etc.... Par exemple je suis attentif à tous les bruits, à son intensité, à son rythme, au timbre, à la cadence et à ce qu'ils me provoquent. Et comme ça avec le reste des sens sauf la vue. Sens jugé trop analytique.

 

La troisième partie de cet exercice consiste à repérer nos habitudes corporelles et les relations qui peuvent exister entre certaines parties de notre corps tendues, et essayer de les casser. Cette troisième partie consiste à dissocier par le mouvement les différentes parties de notre corps. Il faut aussi savoir quelle qualité doit posséder le mouvement. Il faut qu'il ne soit pas mécanique mais conscient, pas répétitif, il faut aller chercher la limite de chaque mouvement. La limite spatiale ou la limite de la vitesse ou de la lenteur ou de ce qu'il nous rappelle ou de comment il nous fait sentir (ridicules, obscènes, moches, beaux, stressés...). En même temps il faut repérer des tensions qui s'installent ailleurs et qui n'ont rien à voir avec le mouvement que nous faisons. Par exemple je peux être en train de bouger les lèvres et mes orteils droits sont tendus alors je décontracte les orteils. Au début c'est très difficile de maintenir l'attention.  C'est pourquoi il faut un guide. Cet exercice me met dans un état d'imprévisibilité. Pour comprendre la puissance de cet exercice il faut le pratiquer.

JAVIER CRUZ

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Une "blague"  posté le mardi 18 octobre 2011 17:55

Blog de xaviercruz :Le petit soleil, Une 'blague'

(image le roi Lear dans la tempête)

-Tu sais comment fair rire Dieu?

-...?

-Raconte lui tes projets.

(rires?)

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Le dernier instant  posté le mardi 05 avril 2011 23:46

Blog de xaviercruz :Le petit soleil, Le dernier instant

foto: javier cruz

Je pense souvent à mon dernier instant. A mon dernier regard. Ma dernière pensée. Mon dernier souvenir. Je voudrais partir en étant content de moi-même. Je voudrais sourire.

Au long de ma vie j'ai fait quelques expériences "étranges" du point de vue de notre conscience ordinaire et similaires entre elles.

La première lors d'un accident de voiture. J'étais à cette époque dans un état de fatigue intense. Avec ma compagnie de théâtre nous faisions des tournées très longues partout en Espagne. Nous étions souvent sur la route.  Arrivant à Tolède celle-ci était surélevée d'une quinzaine de mètres. A la sortie d'un virage que j'ai pris trop vite, j'ai fait un vol plané. Il y  a eu là quand même de l'humour : à l'atterrissage le choc inévitable contre le seul arbre qui restait encore en vie de la forêt d'autrefois. Sans cet arbre là ou si nous avions chuté quelques mètres plus loin sur le champ en jachère, moi et ma compagne en serions sortis avec quelques égratignures. Je crois.

Dans le megacourt espace de temps avant la secousse contre l'arbre je suis devenu un enfant et je me souviens d'avoir pensé : "tout fini ici et de cette façon là" avec une sorte d'acceptation naïve et paisible. C'est vrai ce qu'on dit. J'ai vu ma vie défiler (j'avais 25 ans) devant mon front. Hors du temps. Présent et passé étaient la même chose. Toutes mes connaissances, ma famille, les évènements de ma vie étaient là devant mon front. Certains un peu vers la droite et d'autres plus à gauche. Je me suis abandonné à cet instant. Il n'y avait pas, il me semble, d'autre choix que la non résistance. Dans cette lumière blanchâtre et dorée je suis devenu un enfant. Des années plus tard je me suis rendu compte que je n'avais pas encore tout compris de cette expérience. Ce que nous appelons la mort n'existe pas.

Quelques années plus tard à l'époque ou nous répétions "Oh, les beaux jours" de Becket avec John Strasberg, une nuit nous roulions par l'autoroute direction Barcelone. J'étais très triste et aussi dans un état de fatigue intense. John conduisait  et  l'aube commençait à éclairer le paysage désolé du désert de Los Monegros. Je ne dormais pas. Je suis très curieux et je posais à John des tas de questions  sur sa vie, ses expériences... 

Le silence s'est installé entre nous. Je regardais l'horizon devant moi. Soudain je me suis comme réveillé. Mon regard est devenu comme enfantin. La fatigue avait fini par gagner et je me suis abandonné à mon corps.  L'énergie que John dégageait, remplisait de paix ce silence. Et là j'ai eu une sensation de plaisir et j'ai vu l'harmonie. Tout ce que je voyais était intégré, formait la part d'un tout où chaque chose, personne, animal, objet, mouvement, couleur, étaient intégrés. La clarté du ciel à l'horizon, les  pierres blanches du paysage plat qui reflétaient l'aube, les arbustes asséchés par le vent du désert, les voitures qui nous dépassaient, celles qui venaient dans le sens inverse, le bruit du moteur. Moi. J'appartenais aussi à ce tout. Ma respiration harmonieuse participant du plaisir de me rendre compte que mes peurs avaient disparus. Cette expérience  globale, totale, c'était l'unité. Tout est un. Plus tard je me suis un peu intéressé au soufisme, Ibn Arabi qui a écrit "le traité de l'unité" un poète merveilleux. Je me suis senti isolé de n'avoir pu partager cette expérience, parce que elle était très intime et je craignais les réflexions des autres. 

Ces deux dernières années j'ai traversé une période très douloureuse. Dans la vie il y a de tout.  La joie et la douleur. Le terrible c'est la peur. La peur de vivre, c'est aussi la peur de mourir.  Par des circonstances de ma vie j'ai eu l'expérience de la lumière. ¨être dans la lumière et être la lumière". Nous sommes tous lumière. Tout est lumière. Nous venons de là et nous y retournons. Il faut comprendre cela dans le sens littéral des mots. Ce n'est pas une métaphore. C'est une expérience très paisible. J'étais triste encore une fois, tristissime, un être des plus chers agonisait en Espagne. Mon frère aîné. Dans cette lumière blanchâtre-dorée où nulle résistance est possible,  abandonné à mon propre corps et à ma respiration, je n'avais pas peur. J'avais mal, je soufrais mais je n'avais pas peur. J'expérimentais une sensation, d'acceptation du destin de la transformation (mort) et de la douleur que je ressentais. Comme  dans l'accident de voiture je suis devenu un enfant, tout le monde était là, mes amis, ma famille, les événements de ma vie, les expériences, le passé et le présent fondus, hors du temps. Je ressentais mon corps comme celui d'un bébé. Fragile et fort sans tensions gênantes qui entravaient ma respiration. Mon corps tout entier battait avec le coeur. Comme si j'étais dans le ventre de ma mère. Autour de moi tout était brillant et blanc-dorée.

J'ai compris que je venais de cette lumière et en même temps que j'étais la lumière et la peur n'existait pas. Aussi que je ne suis qu'une manifestation de la vie parmi d'autres,  et que je n'étais pas important. Important non dans le sens de ne pas être aimé, mais dans le sens de croire, même inconsciemment, que nous sommes plus de ce que nous sommes en vérité. Les illusions de l'ego.

 J'ai fait une découverte terrifiante pour nos croyances d'ordre religieux (peu importe lesquelles, elles sont au fond toutes pareilles) : Ce que nous faisons ou avons fait dans notre vie n'importe quelle chose, génial ou abominable,  est complètement indifférent dans la lumière. Nous ne sommes pas importants, ni plus , ni moins.  La seule chose qui existe dans cette expérience de la lumière dont je vous parle c'est d'être une part et le tout en même temps. C'est comme une joie détaché et paisible. Le langage parlé n'existe pas, les critères de vie d'ordre morale n'existe pas. La communication avec le tout est globale et directe je dirais qu'elle passe à travers les sens vers quelque part dans le cerveaux qui n'a pas besoin du langage pour expliquer la "réalité".

Peu à peu je suis revenu à ma conscience ordinaire. Je ne me suis  jamais senti aussi moi-même de ma vie, intégré dans le tout. Mais pas comme dans la voiture à l'époque où  nous répétions avec John. Cette fois-ci j'étais beaucoup plus conscient de tout, de l'unité. Depuis lors, j'essaie de me rappeler le plus fréquemment cette expérience. 

La mort est extrêmement aimable, douce, envoûtante, comme une huile silencieuse qui s'étend sur le corps inévitablement. La mort est la transformation vers la lumière. Le cerveaux secrète certaines drogues très puissantes qui nous apaisent. La question qui me matraque c'est la souffrance. La maladie, la guerre. La douleur physique ou psychologique. La lente agonie de la transformation dans l'insupportable. Comment accepter la souffrance toujours gratuite, injuste.

Je pense que ce qui est important est essayer de savoir qui es-tu et comment tu participes de ce mystère qui est la vie. Ne pas faire chier les autres ni la vie des autres. Dans l'organisation socio-économique que nous avons créée et que nous cautionnons parce que pour le plus grand nombre il nous est impossible de faire autrement : la guerre et la paix et la guerre et la paix et ainsi de suite... savoir qui es-tu est une tâche très difficile. Il faut alors s'immiscer dans les fissures du système. Une de ces fissures c'est celle-là justement. Malgré les doctrines religieuses, sectaires, politiques, économiques, scientifiques, artistiques,malgré les mauvaises habitudes, le chemin vers soi-même est toujours ouvert. J'essaie d'imaginer une société où tout le monde aurait confiance en soi.

Javier Cruz 

 

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Photos et quelques coupures de presse : vanité?  posté le lundi 28 mars 2011 13:31

Je me demande si c'est la vanité qui me fait publier quelques notes de presse et photos ou si c'est seulement pour illustrer mes activités professionnelles.

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"Le KNACK" de Ann Jellicoe. M.S. Antonio Malonda

 

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"NUDOS " de Mario Fratti. M.S. Carlos Gandolfo

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"Coriolano" de W. Shakespeare. M.S. Antonio Malonda

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"Antigone" de Sophocle-Brecht M.S. Antonio Malonda

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"Le birdwatcher" réal. Grabriel Auer

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"L'ombre de don Juan" de J. L. Alonso M.S.  J. Conchillo

 

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

"Sartre, l'âge des passions" réal. Claude Goretta

 Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos et quelques coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos et quelques coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos et quelques coupures de presse

Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos et quelques coupures de presse

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Blog de xaviercruz : LE PETIT SOLEIL COURS DE THEATRE ET CINEMA A PARIS, Photos et quelques coupures de presse

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